Dans un livre ouvert

07 juin 2009

Magasin Général

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Magasin Général, "Marie", Loisel & Tripp, Casterman, 2006, 76 planches.

Quatrième de couv : " Une comédie truculente dans la campagne québécoise des années 20, distillée par Régis Loisel (La Quête de l'oiseau du temps, Peter Pan) et Jean-Louis Tripp (Jacques Gallard, Paroles d'anges). Réalisant ensemble le scénario aussi bien que le dessin, Loisel et Tripp ont conjugué leurs talents pour donner naissanceà un auteur virtuel "

Débutée en  2006, Magasin Général est une série réalisée à quatre mains par Régis Loisel et Jean-Louis Tripp. Ils réalisent ensemble aussi bien le scénario que le dessin. 
 Le premier Tome s’ouvre sur la mort de Felix Ducharme, propriétaire de l’unique magasin du village : Le Magasin Général. Sa femme Marie, désormais veuve,  hérite du commerce et doit à présent parvenir à se débrouiller seule.  Le premier point positif de cet album est la double page de croquis qui introduit l’histoire et montre bien la collaboration des deux auteurs en mettant en valeur l’évolution de la planche après le travail de l’un ou de l’autre et en expliquant leur démarche. Outre cela, Loisel et Tripp parviennent à faire d’une histoire toute simple un véritable voyage à travers la campagne Québécoise d’autrefois. On se délecte du dialecte du Québec rural et du graphisme à la fois esthétique et chaleureux. L’histoire débute doucement avec Marie, mais on a immédiatement envie de découvrir la suite des aventures du village de Notre-Dame-des-Lacs, à suivre dans les trois tomes suivant : Serge, Les hommes et Confessions… Que ce soit pour l'esthétique des dessins ou pour l'histoire, c'est une lecture BD que je conseille à tout le monde !

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02 juin 2009

En pièces détachées

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Le Théâtre de l’Indéfini est fier de présenter ce printemps sa prochaine production : « En pièces détachées » de Michel Tremblay dans une mise en scène de Stéphane Lamoureux.  La pièce nous plonge dans l’univers des personnages des chroniques du Plateau Mont-Royal. On y retrouve entre autre,  Albertine, Marcel, Pierrette et Thérèse. Au centre de cette vie urbaine de misère, Thérèse veut s’affranchir  des contraintes de ce monde qui l’étouffe et qui l’empêche d’exprimer sa vraie nature. Elle se sent oppressée par ce voisinage du Plateau qui l’épie, commente et juge… : « … À va finir dans un trou!  Pis c’est toute c’qu’à mérite! »

  Avec : Agnès Bédard, Sylvie Berardino, Laurence Bolduc-Henen, Sylvain Campeau, Véronique Farinacci, Alain Fontaine, Mélanie Goyette, Jocelyne Hénen, Claudine Jean, Josée Lamanna, Stéphane Lamarche, Jocelyne Lefebvre, Pierre Nadeau, Rénald Pelletier, Carole Plante, Nataly Riopel, Chantal Savard et Charlie Savard Thibeault.

Je n'ai qu'une chose à dire : super !! Le jeu, le décor, la mise en scène... et bien sur le verbe de Tremblay ! Dans cette petite salle qui ne paye pas de mine, j'ai vraiment passé un bon moment, les acteurs ont fait vivre les personnages des Chroniques de Mont-Royal avec brio !

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27 mai 2009

La grosse femme d'à côté est enceinte

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La grosse femme d'à côté est enceinte, Michel Tremblay, Babel (Actes Sud), 1995, 288 p.

Quatrième de couv : " Au coeur du Plateau Mont-Royal, ce quartier populaire de Montréal qui prend des allures de véritable microcosme social, une femme de quarante-deux ans, enceinte de sept mois, devient le centre d'un monde réaliste et fantasmagorique. dans la journée du samedi 2 mai 1942, alors que tourbillonent émotions et drames de la vie privée, le romancier met en place, avec un grand bonheur d'écriture, les acteurs du premier tome du puissant cycle romanesque des Chroniques du Plateau Mont-Royal."

C'est un véritable coup de coeur !

On découvre au fil des pages l'histoire d'un quartier et surtout d'une famille. Celle de Victoire qui est grand-mère. Elle a trois enfants : Albertine, Gabriel et Edouard. Albertine, dont le mari est à la guerre (ce qu'elle ne semble pas regretter), a deux enfants : Marcel (4 ans) et Thérèse (11 ans). Gabriel est le mari de la grosse femme avec qui il a déjà deux enfants : Philippe (8 ans) et Richard (11 ans). La grosse femme est enceinte d'environ sept mois au moment du récit. Cette grossesse est sujet de bien des commérages et est plutôt mal vue. D'abord parce qu'elle a déjà 42 ans et qu'à cette époque, c'est l'âge pour une femme d'être grand-mère. Ensuite, parce que comme son surnom l'indique, elle est obèse. Et ce surpoid ajouté à sa grossesse tardive lui impose l'immobilité. Enfin parce qu'on se place dans un contexte de guerre et qu'on l'accuse à mots couverts d'être tomber enceinte pour dispenser son mari de partir au front en Europe. La femme de Gabriel, dont on ne saura jamais le véritable nom est le personnage central autour duquel gravite toute une vie et une ribambelle d'autres personnages plus ou moins présents mais toujours authentiques.

On adopte ainsi le point de vue successif des enfants de la famille, de Béatrice et Mercedes, les deux prostituées du quartier, du chat Duplessis et de sa maîtresse la commerçante, et même de cette étrange famille de tricoteuses, que personne ne voit mais qui connaissent tout et surveille la famille depuis toujours...

En plus de suivre cette histoire simple mais captivante et de découvrir les moeurs québécoises des années 40, c'est tout une topographie du quartier Mont-Royal que l'auteur nous donne à découvrir ! J'ai vraiment apprécié la lecture de ce livre alors même que je découvrais, moi aussi, ce beau quartier de Montréal...

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26 mai 2009

La grande bibliothèque de Montréal

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Dans le cadre de mon stage dans le domaine culturel à Montréal j'ai eu la chance de visiter la Grande Bibliothèque de la ville . La Grande Bibliothèque de Montréal qui fait office de bibliothèque nationale du Québec, c'est 33 000 mètres carrés au cœur de la métropole, 4 millions de documents dont un million de livres. La particularité (en comparaison à la BnF) est que l'accès aux collections y est libre ET gratuit de même que l'abonnement qui permets l'emprunt, le prêt entre bibliothèque ainsi que l'accès à des postes multimédias et à d'autres services ! Autant dire que c'est le paradis !

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25 mai 2009

Demian

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Demian, Hermann Hesse, Le Livre de Poche, 219 p, 1979
Traduit de l'allemand par Demise Ribori et adapté par Bernadette Burn

Quatrième de couverture : "Roman de formation, Demian est l'un des chefs-d'œuvre de ce genre littéraire. Ce livre-culte de la génération de l'entre-deux-guerres tente de répondre à une question fondamentale : comment l'homme peut-il échapper au monde des miroirs et parvenir à être lui-même ? Depuis sa plus tendre enfance, Émile Sinclair est partagé entre le petit enclos familier et ordonné de sa famille bourgeoise, et l'" autre côté ", l'univers cru et violent de la rue, des voleurs et des prostituées. À l'école, il fait la rencontre d'un individu qui bouleverse sa vie : Max Demian, un être charismatique qui semble venu de nulle part. Il enseigne au jeune Émile Sinclair à ne pas suivre l'exemple de ses parents, à se révolter pour se trouver, à traverser le chaos pour mériter l'accomplissement de sa destinée propre. Au bout du chemin, où le divin et le démoniaque se mêlent, la crainte d'être un exilé, un séparé, un étranger est annihilée. Il n'est pas d'autre mesure à l'humain que sa liberté."

Demian appartient  au genre codifié du roman de formation racontant comment un individu apprend à se nier lui même, à maitriser ses désirs pour s'adapter aux exigences de la vie sociale. Mais ce shéma optimiste où l'accomplissement du héros coincide avec le bien commun est remis en question au XIXe, siècle du malaise de l'individu qui ne se reconnait plus dans la société.  Demian est un héritage du romantisme. Ce roman sous titré "Histoire de la jeunesse d'Emile Saint Clair" et rédigé à la première personne se donne comme une autobiographie fictive. Il s'agit pour le narrateur "de retourner trés loin dans le passé" pour raconter son histoire, l'histoire d'une initiation. "La vie de chaque homme est un chemin vers soi même",dit il. Cette métaphore du chemin parcourt tel un leitmotiv le roman et implique l'idée majeure d'une connaissance de soi qui ne peut jamais être atteinte de manière définitive. Cette progression intérieure passe par des aventures vécues dans le monde extérieur  et notamment grâce à la rencontre avec le personnage éponyme de Demian, figure de l'initiateur et du tentateur. Le narrateur Emile Saint Clair est littéralement fasciné par Demian qui dégage une sorte de charme quasi magique et lui souffle l'idée que la réalité peut correspondre au rêve, qu'il y a une sorte de correspondance entre l'intériorité et le monde extérieur. Bien que le narrateur rencontre plusieurs personnages, la relation à Demian est celle qui englobe toutes les autres, demeure à l'arrière plan et permet au narrateur de s'approcher de sa vérité intérieure.Ce récit à la limite du fantastique & contenant des éléments psychlogiques "autobiographque" met en jeu une finesse d'analyse de l'intériorité, les tourments ihnérents à la recherche de soi. Seul petit bémol : le récit tend à devenir un peu plus confus et difficile dans la seconde moitié où à la pensée de Hesse se mêle l'influence nitzschéenne. En  bref : malgré quelques passages un peu obscurs, ce récit interroge la difficulté d'être soi face à la multititude, à la communauté et met en lumière  une philosophie de vie.

Posté par castor OO à 15:36 - Littérature Allemande - Commentaires [1] - Rétroliens [0]




22 mai 2009

Le problème avec Jane

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Le problème avec Jane, Catherine Cusset, Gallimard, 2001, 464 p.

Quatrième de couverture : "Jane ne recevait jamais de paquet chez elle. Elle le prit. Solide, rectangulaire et plutôt lourd : sans doute un livre. Elle se battit contre l'enveloppe rembourrée, agrafée et collée. Elle en sortit une chemise en carton jaune. Une disquette tomba sur le sol carrelé avec un bruit sec. La chemise contenait un manuscrit en feuilles détachées. Sur la première page, elle lut  :

LE PROBLÈME AVEC JANE
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Pas de nom d'auteur. Elle regarda l'enveloppe marron : pas de nom d'expéditeur. Le paquet avait été posté à New York cinq jours plus tôt. Elle parcourut rapidement les premières pages. Il s'agissait d'elle. Quelqu'un de bien informé. Le manuscrit comptait trois cent soixante pages et s'achevait sur cette phrase : "En bas elle trouva le paquet avec le manuscrit." À travers ce thriller psychologique, dans un style simple et tendu, c'est une radiographie des rapports amoureux et sociaux dans l'Amérique contemporaine que nous propose Catherine Cusset. "


Jane, jeune professeur de français à Devayne, complexée, anxieuse et fragile reçoit un manuscrit anonyme retraçant sa propre vie. Nous lisons le manuscrit en même temps que le personnage et découvrons ses impressions, ses peurs et ses interrogations sur le mystérieux auteur. Toutes ses relations passées sont décortiquées, décrites dans les moindres détails. J'ai trouvé que le principe du "récit dans le récit" était particulièrement bien utilisé par Catherine Cusset qui parvient à piquer doublement la curiosité du lecteur. En effet, qui a bien pu espionner Jane durant toutes ces années ? Et pourquoi lui offrir le livre qui en a découlé en première lecture ? Mais surtout, c'est quoi "le problème avec Jane" ?! En suivant, sa relation aux autres et aux hommes en particulier, ses petits tracas du quotidien, ses angoisses, on se le demande réellement. Pourquoi cette femme ne parvient-elle pas à être heureuse alors que tout pourrait être si simple ? Mais n'est-ce pas le lot de chacun de se compliquer la vie ? Et c'est surtout là que l'auteur parvient à faire du roman, une histoire intéressante. Catherine Cusset explore la personnalité de son personnage, fouille le mécanisme des relations humaines, et fait de son histoire un vrai roman psychologique ! La surprise de la fin et le suspens de l'histoire ne gâche évidemment rien à tout cela !

Posté par Mademoiselle Lou à 03:50 - Littérature francophone - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

21 mai 2009

Auprès de moi toujours

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Auprès de moi toujours, Kazuo Ishiguro, Les Deux Terres, 2006, 442 p.
Traduit de l’anglais  par Anne Rabinovitch
Titre original :  "Never let me go"

Quatrième de couverture : "Jadis, Kathy, Ruth et Tommy ont été élèves à Hailsham, une école idyllique, nichée dans la campagne anglaise, où les enfants étaient protégés du monde extérieur et élevés dans l’idée qu’ils étaient des êtres à part, que leur bien-être personnel était essentiel, non seulement pour eux-mêmes, mais pour la société dans laquelle ils entreraient un jour. Mais pour quelle raison les avait-on réunis là ? Bien des années plus tard, Kathy s’autorise enfin à céder aux appels de la mémoire et tente de trouver un sens à leur passé commun. Une histoire d’une extraordinaire puissance, au fil de laquelle Kathy, Ruth et Tommy prennent peu à peu conscience que leur enfance apparemment heureuse n’a cessé de les hanter, au point de frelater leurs vies d’adultes."

Le roman s’ouvre ainsi : « Je m’appelle Kathy.H. J’ai trente et un ans, et je suis accompagnante depuis maintenant plus de onze ans. » . Accompagnante de quoi ? De qui ? Mystère ! Au fil de ses souvenirs, alors qu’elle parcours de longues routes désertes en voiture, Kath nous fait découvrir peut à peut l’univers particulier de Hailsham. Les enfants y sont élevés cachés du monde extérieur par des gardiens, on leur apprend qu’ils sont des êtres à part… C'est là qu'elle a grandi avec Ruth et Tommy, ses deux amis de toujours...

Kath, nous dévoile donc cette histoire, son histoire, le plus naturellement du monde, s'adressant à nous (" Je ne sais pas comment c’était là où vous étiez mais à Hailsham…") et nous faisant entrer dans la confidence.

Le lecteur ne sait donc pas très bien où il se trouve, le monde décrit correspond à la  réalité connue dans les apparences mais plane le doute. Sommes nous réellement dans une école anglaise telle qu’on l’imagine ? Est-on vraiment dans l’Angleterre de la fin des années 90 comme cela nous est indiqué en préambule ? Tout paraît correspondre et pourtant tout paraît bizarre à la fois. Nous nous interrogeons en même temps que Kathy et ses camarades.

La psychologie des personnages et leurs relations parfois complexes sont très bien traitées. Et les différents sentiments qui traversent la narratrice (la colère, la frustration, la compassion, la culpabilité et l’affection) nous touchent. Les personnages de Ishiguro sont résolument humains et c’est ce qui permet, entre autre, de marquer le lecteur lorsque la vérité éclate à la fin.

Le véritable coup de maître de l’auteur réside dans sa capacité à transmettre les émotions et à retranscrire toute une atmosphère. Il distille les informations au compte gouttes, juste bien dosé pour maintenir le lecteur en haleine et lui laisser le temps de s'attacher aux personnages !

Moi qui ne suis pas fan de science-fiction, j'ai réellement accroché à l'écriture de Kasuo Ishiguro !

 

Posté par Mademoiselle Lou à 06:19 - Littérature anglophone - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

Après 1 an d'absence...

Et oui le temps passe vite !

La création de ce blog me tenait pourtant à cœur, une façon de ne pas délaisser ma plus vieille passion : Les livres ! Et pourtant, pourtant... La couture, les bidouillages ont pris de plus en plus de place ainsi que les cours, le quotidien... si bien que j'ai délaissé ce blog qui venait pourtant tout juste de naître ! Ben oui, on ne peut manifestement pas être partout ! Actuellement en stage à Montréal dans le milieu culturel, j'ai eu comme une envie de faire marche-arrière et de reprendre tout ça là où je l'avais laissé...

C'est donc avec un grand plaisir que je vais tenter de  recommencer à alimenter ce blog littéraire (en espérant que cette fois je m'y tienne ! ) Et d'ailleurs, je commence tout de suite parce que j'ai pas mal de retard ! :-)

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Posté par Mademoiselle Lou à 06:18 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

11 mai 2008

Les vaincus

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Les vaincus, Frantz Duchazeau, Dargaud, 2007, 167 p.
BD en noir et blanc

Quatrième de couverture :

Apoo est un chasqui, un messager royal qui parcourt les routes de l'empire inca. D'une nature solitaire, il parvient souvent à s'isoler dans la montagne en pensant à sa petite sœur qui vit recluse à Cuzco, au service de l'Inca. Lorsque les premiers conquistadors débarquent sur les côtes, Apoo est naturellement chargé de transmettre un message : des dieux étrangers sont arrivés à bord d'immenses radeaux en bois ! La prophétie du vieux sage K'anchay se réaliserait-elle ?...

Notes :

L'intrigue de cette bande-dessinée de Frantz Duchazeau prend sa source dans l'histoire de la conquête de l'empire Inca par les espagnols. C'est à travers le regard d'Apoo, personnage marginal et solitaire, messager au service de l'Inca que nous est relaté ce fait historique. Tour à tour naïf et très lucide, le personnage reflète la détresse d'un empire en train de mourir et d'un peuple terrifié devant un avenir plus qu'incertain. La chute de l'empire est exclusivement montré du point de vue des victimes ce qui donne aux espagnols, "les étrangers", un caractère presque irréel, inhumain, comme une grande vague qui engloutirait tout un monde sur son passage. J'ai beaucoup apprécié la fin, d'un côté suffisamment ouverte pour laisser une part à l'imagination en ce qui concerne le destin d'Apoo mais immédiatement suivi par la réalité historique à travers une image des bateaux espagnols arivant...

La qualité des images en noir et blanc qui jouent sur des effets de clair-obscur ne gâche rien. Duchazeau nous fait passer d'un univers à un autre et mari le réalisme à l'onirisme avec beaucoup de talent. En effet, l'expressivité des visages alterne avec le flou de certains paysages ce qui démultiplie le ressenti du lecteur.

L'auteur parvient à nous atteindre par le biais de la fiction mais éveille également notre curiosité en se servant de faits réels comme toile de fond à son récit. Au final, le destin d'Apoo et celui de l'empire Inca finissent par ne faire plus qu'un et cela nous touche d'autant plus. Une magistrale réussite.

Posté par Mademoiselle Lou à 20:56 - BD - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

07 mai 2008

L'attentat

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L'attentat, Yasmina Khadra, Pocket, 2006, 245 p.

Quatrième de couverture:

Dans un restaurant de Tel Aviv, une jeune femme se fait exploser au milieu des clients. A l'hôpital, le docteur Amine, chirurgien israélien d'origine arabe, opère à la chaîne les survivants de l'attentat. Dans la nuit qui suit le carnage, on le rappelle d'urgence pour examiner le corps déchiqueté de la kamikaze. Le sol se dérobe alors sous ses pieds : il s'agit de sa propre femme.
Comment admettre l'impossible , comprendre l'inimaginable, découvrir qu'on a partagé, des années durant, la vie et l'intimité d'une personne dont on ignorait l'essentiel? Pour savoir, il faut entre dans la haine, le sang et le combat désespéré du peuple palestinien...

Notes:

Ce qui m'a touché en premier lieu dans ce roman, c'est que l'auteur parvient à mettre en scène le conflit Israëlo-Palestinien, si complexe, sans jamais prendre parti. Seule la douleur et l'incompréhension de part et d'autre ressortent. Le personnage d'Amine est plus que touchant et nous fait voyager à travers tous les sentiments humains : colère, amour, incompréhension, jalousie, amitié, tristesse, sentiment d'injustice...

Le roman de Yasmina Khadra se lit d'une traite, avec presque la même soif de connaître la suite que celle du héros de comprendre le geste de sa femme...

Posté par Mademoiselle Lou à 22:24 - Littérature francophone - Commentaires [0] - Rétroliens [0]